23.11.12

Les flâneurs sont arrivés



Nous venons tout juste de recevoir Flâneurs de Simon Bossé.
Ce livre est une joie, une friandise douce-amère, définitivement ce qu'il nous fallait pour l'hiver. Je ne peux résister à l'envie de partager avec vous sa belle allure de printemps permanent, même s'il est impossible de mettre ici en entier la couverture et ses rabats et de faire sentir le grain du papier mat. 



La première de couverture

Quatrième de couverture



Vue partielle des rabats et de la couverture intérieure



Nos deux héros

Le livre sera en librairie au Québec à partir 
de la semaine du 26 novembre.
Lancement à Montréal chez Notre-Dame-des-Quilles
mardi 4 décembre à partir de 18h.
Lancement à Québec à la librairie Phylactère
vendredi 7 décembre à partir de 17h.


10.11.12

10 novembre 2012



Le temps et sa géographie

Depuis quelques jours, on se sent glisser vers la nuit. Le couvercle de la noirceur se referme douloureusement de plus en plus tôt. On a beau avoir des jours sans nuages, admirer la couleur de caramel brûlé de la lumière, on s'ennuie déjà du soleil. On voudrait qu'il nous regarde bien en face au lieu de fuir. Les plantes sont rentrées, on a empilé les chaises sur le balcon et on profite des dernières balades en bicycle.  Redoutée plus que tout, la sourde menace du « temps des fêtes » se fait de plus en plus nette. Reste l'alcool, le thé, les longs romans, la musique islandaise. Retrouver son nid, croire en la poésie, en sa propre vie.  


En tête

Comme on le sait, L'Oie de Cravan et le journal submersible inactuel LE BATHYSCAPHE sont de proches complices. Le huitième numéro de ce journal vient de paraître et nous avons tous été occupés à faire connaître la bonne nouvelle. Comme on peut le voir ici, il est maintenant disponible un peu partout, à Montréal, Québec, Rimouski et dans certains points de ventes «de qualité» en France, en Belgique et aux États-Unis.  Nous avons également enfin numérisé le deuxième numéro de cette publication (juin 2008), épuisé depuis longtemps, et l'on peut désormais le consulter ici. 
L'Oie devait d'ailleurs faire paraître deux livres d'images en novembre : Flâneurs de Simon Bossé ainsi que Petit guide du Plan Nord de Michel Hellman.  La sortie du livre de Michel est quelque peu retardée : il faut dire qu'il s'agit d'un travail de moine absolument extraordinaire où l'artiste utilise pour évoquer le Grand Nord des sacs de poubelles trouvés sur place qu'il découpe avec une précision maniaque, y faisant naître des images inoubliables. Nous annoncerons la nouvelle date de parution dès que nous aurons l'objet en main. 
La bonne nouvelle est que le livre de Simon Bossé sort bien comme prévu ! Flâneurs sera en librairie au Québec dès la dernière semaine de novembre et sera lancé à Montréal et à Québec. Nous sommes très excités à l'idée du lancement de ce livre, le 4 décembre à Notre-Dame-Des-Quilles à Montréal et le 7 décembre à la librairie Phylactère à Québec.  C'est du Simon Bossé tout en douceur, un des fétiches à avoir autour de soi pour aider à traverser l'hiver. Plus de détails très bientôt.


À venir

Avant de s'encabaner, L'Oie lisse ses plumes, prend des airs et se transforme en Oie de Salon.  Elle n'y croit pas vraiment, faut pas s'inquiéter, mais elle sera présente pour retrouver les vieux oiseaux, se donner de bonnes tapes d'ailes dans le dos et faire des couacs couacs à tout propos.  Elle sera donc au Salon du Livre de Montréal de mercredi à lundi prochain (soit du 14 au 18 novembre) au stand Dimedia  (qui porte le numéro 532).  Nous tiendrons compagnie à nos amis de La peuplade, du Quartanier, du Noroît et des Herbes Rouges mais, pour être honnête, nous n'aimons pas vraiment la cage d'exposition de la Place Bonaventure : c'est un lieu étouffant qui baigne dans une lumière et une atmosphère mortes. Le salon Expozine qui se tiendra en même temps, samedi et dimanche (16 et 17 novembre), nous plaît bien davantage. Il y flotte un vent de folie, de liberté qui nous donne envie de déployer nos ailes et de dévoyer nos amis. Nous y serons également (ubiquité est le mot, je crois) aux côtés de Simon Bossé (encore lui!), de Julie Doucet, d'Antoine Peuchmaurd (avec ses photos) et du Bathyscaphe. C'est au 5035 de la rue Saint-Dominique et c'est à ne pas manquer. Après salons et lancements, L'Oie rentrera au nid, c'est promis. 

20.10.12

On ouvre un livre au hasard et on lit



AUSSI UN BRUIT

Elle n'était pas seule et lui non plus
Ils étaient habillés pour la nuit
Et renversaient sans trop de peine
Ce qui devenait malaisé
Ils savaient ce qu'il faut pour devenir
Un bruit pour la nuit

Louis Scutenaire

14.10.12

JOHN TCHICAI (1936-2012)







«Lilanto del indio»
extrait de l'album  Cadentia Nova Danica enregistré en 1968.

18.9.12

Apparitions : Shawn Cotton - - Bathyscaphe 8




(cliquez sur l'affiche pour l'agrandir)




Voici la tête de ce que nous allons lancer ce jeudi : le livre à tirage limité de Shawn Cotton (avec couverture imprimée à l'encre argent en flexographie. Malheureusement très difficile à reproduire ici) et le numéro 8 de la revue inactuelle Le Bathyscaphe.







(comme toujours, cliquez pour agrandir)

Au programme de ce numéro du Bathyscaphe :

L'histoire du Bat Signal de Occupy New York, notre défunt Père Ubu Charest, les mystères de la disparition du quartier Griffintown et du quartier autour de la tour de Radio-Canada à Montréal,  tout sur la tragique chute de l'Ère Spatiale Américaine, le retour de la revue Mainmise, le vide des forêts suisses et la poésie de Tomas Tranströmer, les fantômes de l'histoire de l'île de Martha's Vineyard, les éditions de poésie underground américaine Birds LLC, Le mauvais goût de Paulo Coelho, la mauvaise odeur des pieds de Richard Martineau, la série de disques Poetry Out Loud,  l'hospitalité de la poète Joanne Kyger à Bolinas en Californie, Neil Young & Bugs Bunny dans le Bosque de Albuquerque,  de nouvelles inactuelles au sujet de Harry Crews. André Hardellet. Joël Cornuault. Henri Calet. André D'Hôtel et Jean-Pierre Le Goff, le condom est-il joli dans la pornographie ? Alain Cavalier est-il aussi politique que Gus Van Sant ? Benjamin Péret et ses cravates,  Didier Éribon et les curieux passages qui mènent de la Montérégie à Paris : visserie & quincaillerie sans raillerie, le triste sort des bureaux de postes américains, les secrets de l'Autre Monde celtique ; sans compter notre grand jeu ( « Au salon du livre » !), nos images étonnantes et nos aphorismes roboratifs 


31.8.12

Christophe Martinez, là-bas





Je ne le connaissais pour ainsi dire pas : un lecteur attentif, un commentateur discret mais au caractère affirmé, de L'Oie de Cravan comme du Bathyscaphe.  Présence aperçue de loin, Christophe Martinez vivait en Suisse. Le 22 juillet 2012, il a fait une chute mortelle en montagne, dans les Grisons, en redescendant du Mater de Paia. Je ne le rencontrerai jamais.
Nos rapports se tissaient autour du blog qu'il animait sous le pseudonyme d'Edwood : La taverne du Doge Loredan. Ce nom est celui d'un roman de Alberto Ongaro qu'il avait aimé. Je n'avais pu m'empêcher de le lire à mon tour, intrigué par la force d'attraction de ce livre qui avait complètement envouté un lecteur de qualité.  Il m'en est resté le souvenir d'une œuvre complexe, précise, mais presque fantomatique, qui colle parfaitement au souvenir de Christophe Martinez. 
La disparition des amis que nous n'avons pas connus nous laisse aux prises avec de curieux fantômes aux profils indécis. Ils n'en sont pas moins présents. 

23.8.12

Avis aux Belges





Il y a un mystère autour de l'homme que l'on voit sur la photo ci-dessus. Il aurait été vu en Belgique, à La Louvière plus précisément, dans un certain état de confusion.  Il se disait auteur, éditeur, journaliste, Québécois - et quoi encore. On croit qu'il s'agit là d'un farceur, de l'espèce mystificatrice. Une façon d'en avoir le cœur net est d'aller y voir de plus près : le 27 août à dix-huit heures trente précises, Thierry Horguelin présentera à la Belgique étonnée son témoignage qui porte le titre pénétrant de Choses vues. Le Belge qui se sera rendu à la librairie Joli Mai, sise au 29 de l'avenue Paul De Jaer à Bruxelles, ne regrettera pas son déplacement : monsieur Horguelin sera cuisiné sur place par Xavier Dessaucy, connu pour la précision de ses techniques. Enfin toute la vérité sera faite sur cette affaire. Il sera possible, au retour à la maison, d'étonner toute la famille en présentant un exemplaire dédicacé de cet ouvrage dont l'importance ne fera que grandir avec la notoriété de son auteur.




Paul de Jaer, en des jours meilleurs.



9.8.12

L'Expérience démoniaque





Trouvé entre deux pages de l'édition originale  (Minuit, 1949)
de L'Expérience démoniaque de Ernest Gengenbach.


5.7.12

On ouvre un livre au hasard et on lit


Septembre

Dans le frêne couvert de cantharides, les ronces rousses, la végétation impudique sur le poitrail nu de midi, à plaisir, la cigale a fait le guet. Ce soir, nous dormirons dans son secret où la hâte nous jette, les yeux encore fauves des braises de juillet. Du fond de l'amour court maintenant le galop des feuilles sèches. Mon corps a gardé l'odeur du feu. Mêlé à la tienne d'argile, de glaise, il saura mieux que ma bouche expliquer la lascive mystique de l'unité. Lorsque je vois la mort, mon âme crie et je m'enfuis sur toute la terre pour ne pas l'entendre.

Jean Malrieu, À leur sage lumière

28.6.12

Le vrac

Voici donc, l'été : le tournis.
En vrac, quelques mots sur des livres : les nôtres, les vôtres.


- Il est à parier que Nombreux seront nos ennemis  est, parmi nos livres, celui dont la légende est la plus vivace.  Curieusement, c'est sans doute l'un de ceux dont les médias ont le moins parlé. Ce n'est peut-être pas contradictoire. En tous cas, voici que notre réédition de l'année dernière (la troisième), suscite de jolis commentaires : c'est ici.

- Le nouveau livre de Thierry Horguelin, Choses vues, a déjà frappé les libraires. Voici ce qu'on en dit du côté de la librairie Vaugeois, de Québec.

- Rappelons que Éric Chevillard a écrit un très bel article sur Laurent Albarracin, dont nous venons de publier le recueil d'aphorismes  Résolutions, dans Le Monde du 25 mai dernier.  On peut le lire ici.

- On a également parlé du livre de Laurent Albarracin dans le journal Le Devoir,  en même temps que de Passage public , le fameux guide des dérives de Joël Gayraud, et de Au clair de la lune,  publié chez les éditions du Noroît.  C'est ici.

- Le recueil de contes de Bérengère Cournut, Schasslamitt, que nous venons de faire paraître avec nos amis des éditions Attila, de Paris, suscite aussi des commentaires à piquer des verres :

* Ainsi, le critique Guy Darol  en dit ceci  : « Schasslamitt vient de paraître aux éditions Attila. Je ne me suis toujours pas remis — m'en remettrai probablement jamais et c'est un coup sur… la coloquinte qui fait du bien — de L'Écorcobaliseur ! Une grande, très grande écrivain — pas vaine du tout! J'ai bien écrit une grande, très grande écrivain. Qu'on se la lise ! »

* Dans le journal Le Devoir, Guylaine Massoutre en a fait une de ses recommandations pour «Insomnies fécondes et libérées au coeur de l'été» : c'est ici.

* Nicolas Deslescluze, de l'émission de radio Paludes (de Lille, France) a beaucoup de bonnes choses à dire sur le livre, voyez un peu : « Cette fantaisie permanente fait passer avec beaucoup d'alacrité d'une nouvelle à l'autre en se demandant où Bérengère Cournut va pouvoir nous emmener. Elle est toujours dans la création et l'innovation qui font le plaisir du texte, avec un talent d'écriture exceptionnel qui permet de saisir en très peu de mots, en quelques lignes, la singularité de chaque personnage et de chaque univers. La porosité des frontières de L'Écorcobaliseur se retrouve ici, la monstruosité n'est jamais très loin, sans qu'il y ait pour autant quoi que ce soit d'inquiétant : c'est le merveilleux au sens pur du terme. La magie est présente, acceptée et subordonnée aux lois du monde. On ne s'étonne pas de changer d'apparence... Bérengère Cournut a un sens de la magie, de l'invention. La mise en bouche de ces contes, quand on les prononce à haute voix, donne un plaisir linguistique jouissif et on se délecte de ces singularités orthographiques, de ces plaisanteries, ces métamorphoses du langage à l'intérieur même du livre, comme ce Schasslamitt qu'on peut prononcer de toutes les manières possibles et imaginables. C'est pratiquement un happening ! On devrait créer des cours de diction sur Schasslamitt pour mieux se délecter de ces entrechocs. Si vous vous êtes délectés des aventures lewiscarrolliennnees de l'Ecorcobaliseur, vous retrouverez cette jouissance avec Schasslamitt. » On peut l'écouter dire ces choses ici.

* C'est pas tout! Grâce au travail d'Attila, on peut voir et entendre des acteurs dire certains textes du livre, histoire de vous mettre l'eau à la bouche. C'est sur Youtube, par exemple ici et là ou même là-bas. De plus, ceux qui veulent en savoir davantage peuvent aussi entendre l'auteur, Bérengère Cournut, se faire interviouver sur France Culture, la radio de la France et de la Culture : c'est zissi.

Le tournis, je vous disais!