22.11.06

Les oreilles gelées

L'Oie de Cravan décroche sa tuque, ses mitaines, enfile ses bottes et se lance à toute allure sur sa traîne-sauvage ! Sortez prendre l'air et venez nous voir !

D'abord nous serons à la très belle foire alternative du livre Expozine qui aura lieu ce samedi 25 novembre, de 11 à 18 heures , au 5035, rue Saint-Dominique (près du métro Laurier). Voilà un événement où l'on respire ! Rien à voir avec les traditionnels Salons du livre, venez le constater.

Ensuite, et surtout, nous préparons notre grand triple lancement d'hiver. Une fête pour célébrer d'autres livres qui, croyons-nous, ouvrent une perspective différente et permettent de s'approcher discrètement de l'émotion poétique.

* Espèce de Richard Deschênes. Le premier livre d'ymages d'un peintre et dessinateur d'expérience à l'univers unique et troublant.

* Nombreux seront nos ennemis de Geneviève Desrosiers. Une réédition attendue ! Un recueil d'une force peu commune qui a touché de façon particulière de nombreux lecteurs. Avec une nouvelle préface d'Hélène Monette.

* Une histoire de Geneviève Desrosiers. Édition au tirage trés limité en fac-similé d'un livre d'art sous coffret cartonné qui avait été réalisé en un seul exemplaire par l'auteur.

Il est donc temps de marquer vos agendas :
Jeudi le 7 décembre au nouveau local de la Galerie Articule, en plein coeur du Mile-end à Montréal, au 262 rue Fairmount Ouest (près de l'avenue du Parc), à partir de 19 heures. Il y aura à entendre, à voir, à boire. Avec la participation de DJ Stéphane Audran.

25.10.05

Lointaines nouvelles

Mardi 25 octobre deux mille cinq, en pleine nuit, après de longs mois de silence radio, voici que de lointaines nouvelles nous parviennent du front :

* Après une attente digne du rythme de parution de cette lente revue, l'édition de luxe du numéro zéro de Chapugadget a enfin été signé par Julie Doucet et Chapu. Ce sont malheureusement les seuls exemplaires restant du numéro initial de cette publication. Pour savoir de quoi il s'agit.

* Deux livres viennent d'être livrés dans d'odoriférantes caisses à Porto au siège social de L'Oie de Cravan. Il s'agit d'une part de l'extraordinaire poëme d'amour Myriam et le loup de Myriam Cliche, son premier livre depuis Les Peintures de forêt que nous avions publié en l'année deux mille. Également, La Petite d'Anne Marbrun, un livre à l'érotisme troublant qui sème mille petites bombes sous la précision d'un verbe d'une hallucinante justesse poétique. Tout cela sera lancé à la mer en quelque lieu public, fort bientôt. La suite au prochain bulletin.

29.12.04

29 décembre 2004

Le temps et sa géographie
Fin d'année, temps de bilan. Il y a neige, traces et effacement. Le solstice est franchi. On dit que les jours allongent : cela reste à prouver. Si la nuit recule elle s'arrange pour qu'on n'en remarque rien.

En tête
L'Oie n'est guère présente lors des grands salons et foires du livre. C'est que ces événements, outre leurs frais de participation exorbitants, ne nous touchent guère et, disons-le franchement, on s'y amuse en général peu. Nous préférons certaines manifestations à l'esprit plus proche de notre démarche, où les possibilités sont simplemement plus riches. Ainsi dernièrement, nous avons eu la chance de participer à l'Expozine (organisé par Louis Rastelli, Andy Brown et Billy Mavreas), au Supermagazilivre (organisé par les éditions Rodrigol et Dialogis) et nous avons tenu une table de vente lors du spectacle de Devendra Banhart à la Sala Rossa. Autant d'événements différents qui permettent de rencontrer lecteurs et créateurs hors des sentiers battus. Il y en aura d'autres.

Ce qui vient
Le livre de Jeff Ladouceur, Schmo, est chez l'imprimeur, qui nous le promet d'un jour à l'autre. Nous achevons la préparation de Mr Non Pigeon, qui regroupera les dessins de Nadia Moss. Les deux ouvrages devraient être lancés à la toute fin du mois de janvier. Puis viendront d'autres choses dont la réédition de la Petite d'Anne Marbrun. Puisqu'on parle de réédition, il semble bien que Victor-Lévy Beaulieu (Éditions Trois-Pistoles) va rééditerLoin de nos bêtes, premier livre de L'Oie de Cravan et de votre serviteur, qui était épuisé depuis plus de dix ans. À suivre.

13.8.04

13 août 2004

Le temps et sa géographie
Patatra, le temps. Le temps d'été est accéléré sous nos latitudes. Le temps d'été passe, tombe, chute : affolement pour celui qui est lent. On n'a pas vu le juillet passer, on n'a pas vu l'août s'avancer, dèjà l'automne est envisagé : tant mieux, hein, l'automne est une saison plus lente, plus propice au travail douillet.

En tête
Ce qui veut ausi dire qu'on a pris du retard chez L'Oie. Mais des choses sont apparues cet été. D'abord, oui, le Pamplemoussi, né de la belle tête folle de Geneviève Castrée, s'est matérialisé. Vraiment, ça fait plaisir. Arrivé seulement la veille du lancement, l'objet remplit ses promesses de merveilleux : les images et la musique de Geneviève forment un ensemble impressionnant, une véritable avancée dans cet art particulier osons-nous croire. Autre nouvelle : L'Oie de Cravan a déménagé! Adieu appartement Chaput, bonjour vaste ensemble immobilier de deux pièces dominant le trottoir de la rue Saint-Dominique !

Ce qui vient
Le retard pris affecte particulièrement deux recueils délicieux qui devaient sortir cet été et qui vont maintenant faire leur apparition au début septembre : Une autre fois de Franz-Emmanuel Schürch et l'Achillée distante de Maïcke Castegnier, l'animatrice de la Revue des animaux. Ils n'en seront que mieux mitonnés, nous le garantissons. Ensuite ce sera le tour de ce livre d'art de Geneviève Desrosiers, Une histoire, que nous allons rééditer en tirage très limité. Puis, en fin d'automne, un livre d'ymages encore sans titre de Nadia Moss que nous sortirons de concert avec le nouveau livre de Jeff Ladouceur, Schmo. Et puis, oui, ce sera l'hiver.

20.5.04

20 mai 2004

Le temps et sa géographie
Phoque, l'affolement, la sève rougie s'est précipitée et voilà : c'est vert, c'est vert, c'est vert. On se déshibernise, on déjoue les enclumes, on s'invente des ruelles où errer. Grandes pluies, grands nuages passagers, grands soleils qui n'osent pas encore nous écraser. La saison donc du tout possible. Tout possible avec grande naïveté.

En tête
Vroooum ! Le juin qui vient sera bien rempli. Ceci et cela et ça. On le prépare. Ce qui occupe c'est beaucoup Pamplemoussi le nouveau livre disque de Geneviève Castrée qui sera lancé en juin. Un merveilleux projet fou : un livre d'ymages 12 x 12 pouces de 68 pages sous une couverture couleur sérigraphiée accompagné d'un disque 33 tours des chansons de Geneviève. Une opération qui occupe en fait beaucoup de monde : gravure du disque en Californie, impression du livre à Winnipeg, sérigraphie à Montréal aux ateliers Alphonse Raymond et reliure à Saint-Félix de Valois par Ginette Nault ! Les doigts de pieds croisés pour que le tout soit prèt à temps !

Ce qui vient
Juin ! D'abord, le 6, une visite des amis américains Chris Corsano et Paul Flaherty qui reviennent jouer à la Casa del popolo dans le cadre du festival de musiques libres Suoni per il popolo. Ça va barder ! Surtout qu'ils seront accompagnés cette fois de Christina Carter (Charalambides) à la guitare et du légendaire critique rock et poète Byron Coley. Puis, le 10 juin, c'est enfin le lancement de Pamplemoussi de Geneviève Castrée, qui viendra jouer pour l'occasion à la Sala Rossa (sous le nom de Woelv, la dernière fois c'était Pipi Migou !), en compagnie de Mount Eerie (mieux connu sous le nom de The Microphones). Enfin, à la fin du mois, L'Oie de Cravan lancera simultanément deux recueils de poésie : Une autre fois de Franz-Emmanuel Schürch et l'Achillée distante de Maïcke Castegnier, l'animatrice de la Revue des Animaux. Tout un mois ! On prépare la plongée.

14.1.04

14 janvier 2004

Le temps et sa géographie
Ah, ah ! Haut ciel, grands froids. On vous l'avait promis et c'est gagné. Un temps inhumain avec là-dessus un méchant soleil fier! C'est magnifique, on se sent complètement humain, enfin!

En tête et Ce qui vient
L'année commence, elle est un peu engourdie mais avec plein de choses dans son sac à puces ! Le livre-disque de Geneviève Castrée se voit malheuseusement retardé : Geneviève explore les régions sauvages des environs d'Anacortes et mettra ensuite la dernière touche à l'ouvrage. Par contre, d'autres projets vont bon train comme le recueil de chansons d'Urbain Desbois que nous allons lancer le jeudi 19 février dans un 5 à 7 à la Casa del Popolo. Marc Leduc accompagne à l'image les textes de ce livre comme il l'avait fait pour une des toutes premières parutions de l'Oie, le recueil de chansons de Frank Martel La lune a l'air ce soir d'un bout d'ongle arraché. Une autre bonne nouvelle : après quelques mois d'inactivité la Revue des animaux va refaire son apparition ! En effet, Maïcke Castegnier s'active à préparer un nouveau numéro, bien animal, comme il se doit ! On a également commencé les travaux préléminaires pour un projet très spécial : la réédition en tirage limité d'un livre d'art/coffret qu'avait réalisé Geneviève Desrosiers. Mais avant tout ça, l'Oie commence l'année avec un petit projet tranquille : un tout petit lancement pour le livre d'Emmanuel Lochac qui aura lieu mercredi prochain à la librairie L'écume des jours au coin des rues Waverly et Saint-Viateur à Montréal. On y boira un vin très rouge et il y aura poésie puisque l'image de Ghérasim Luca sera avec nous.

8.11.03

8 novembre 2003

Le temps et sa géographie
Haut ciel, grands froids. Ouvrir les armoires, faire réserve : légumes d'hiver, robustes tisanes, alcools vieux. Monsieur Thompson se prend pour un ours et dort tout le jour; il ne redevient chat que pour les caresses et les feulements que suscite son remarquable appétit. Je fais mes souhaits : un hiver robuste, sec ; glacial avec grand soleil ; journées lentes mais mois rapides. Voilà. Hocus pocus.

En tête
Trop de choses en tête. Oui, oui. Les derniers mois furent pleins de mouvements, de doux bruits et de fureur. On en reste étourdi. Mais d'abord tenons-nous-en aux publications. Les exemplaires gratuits du numéro zéro de Chapugadget ont finalement été distribués. Ne reste plus que les 10 exemplaires commerciaux (tirage de tête) que l'on peut se procurer pour le prohibitif prix de 30 $ l'unité. Le prochain numéro va certainement voir le jour cet hiver et devrait inclure le manifeste du Mouvement Lent. Le recueil d'aphorismes d'Emmanuel Lochac, le Charbonneur de murailles, vient tout juste de sortir de presse. Il faut remercier Pierre Peuchmaurd et Marie Saraiva pour la découverte de cet auteur exceptionnel qu'on sauve ainsi un peu des oubliettes.
Sinon, quoi d'autre? Ah ! La phynance ! On a appris en septembre que pour la première fois le Québec accordait quelques sous à la maison, ce qui nous permet de respirer un peu après les étouffements de l'été. Pour la première fois également, L'Oie de Cravan s'est retrouvée — par amitié — producteur de spectacles. D'abord Christina Carter et Maria Chavez à la Casa del popolo. C'était le 17 octobre, le soir même du retour d'une brève excursion à Paris où j'avais tenté (difficilement) d'établir certains liens pour la distribution là-bas de nos livres de poésie. Brumes du décalage horaire donc et la musique de Christina et Maria était l'incarnation parfaite de ce décalage : un univers autre, flottant à côté, surprenant par sa cohérence et sa douceur. Le lendemain soir, c'était l'arrivée de Geneviève Castrée venue en résidence terminer son livre. Elle en a profité pour donner un spectacle le 2 novembre à la Casa (sous le nom de Pipi Migou) en compagnie de Little Wings (Kyle Field). Écoute exceptionnelle toute la soirée. Certains ont découvert l'intensité de Kyle, tous ont découvert la voix de Geneviève, sensible et juste qui, comme ses bandes dessinées, n'est qu'une autre facette de sa poésie.

Ce qui vient
Bien entendu, Pamplemoussi de Geneviève Castrée va paraître puisque qu'elle l'achève dans la pièce d'à côté. Il sera accompagné d'un 33 tours de ses chansons. Puis viendront beaucoup d'autres choses, poésies et machinations. Mais d'abord un peu de lenteur, de lenteur que nous tenterons de ne pas avoir trop sereine cependant. « L'ennui pour la sérénité, c'est qu'elle est mitoyenne de l'idiotie » (Emmanuel Lochac).

19.8.03

19 août 2003

Le temps et sa géographie
Temps lourd et précipité depuis les fêtes du bénéfice, certains jours disparaissent rapidement, ce qu'on appelle des jours d'été. Fêtes magnifiques, trois soirées pleines à plaisir, remplies de quelque chose d'unique qui fait craquer. La phynance s'en est bien portée, le cœur aussi. Et maintenant, lentement, quelque chose s'infiltre dans l'air ; une fraîcheur, un réconfort commencent à ouvrir les soirées. L'août a franchi sa moitié, l'automne ouvre grand la bouche : adieu canicules meurtrières, on peut respirer. Et pourtant...

En tête
Il y a quelques heures à peine que l'on a retrouvé le corps de Roland Giguère flottant dans la rivière des Prairies. Tristes jours pour la beauté, pour la poésie : Marie Trintignant, Roland Giguère, comment dire ce que ces deux-là avaient d'essentiel et de semblable à mes yeux malgré la distance, à cause de la distance. Giguère, lui, savait franchir les distances entre deux mots, entre deux réalités : il savait nommer ce que tisse le sang qui passe d'un monde à un autre. Il était ce pont obligé qui sait « qu'il y a trois fois plus d'eau que de terre et que la terre est une bille noire ». Il est ce pont noyé dont nous resterons les obligés. Ceci est particulièrement vrai pour moi. Non pas parce qu'il eut la gentillesse de m'écrire ce mot qui devint la prière d'insérer du recueil le Démon familier, mais simplement parce qu'il a prouvé par toute sa vie qu'ici aussi, depuis une rue du Ahuntsic de mon enfance, on peut saisir le monde par la racine et le garder en soi. « Les animaux s'agitaient rugissaient, le ciel rougissait, la forêt vierge hurlait de douleur, le sable absorba autant de vagues qu'il put puis se noya, se laissa noyer à bout de forces, il n'était pas seul, NOUS nous étions seuls... » (Deux fois cité, c'est le Midi perdu de Roland Giguère.)

Ce qui vient
L'automne, l'hiver, le printemps, l'été. Oui. Et encore. Mais nous allons publier : d'abord ce Lochac si beau, si vieux, qui a trop tardé. Et puis sans doute Geneviève, la lointaine Castrée, qui nous fait durer de promesse en promesse. Mais nous, qui savons la lenteur, ne promettons rien.