23.1.12

On ouvre un livre au hasard et on lit



Écris tout ce qui te passe par la fenêtre



La cage vide

J'ai raté
le livre de ma vie
une nuit
qu'on avait oublié
de mettre un crayon taillé
à côté de mon lit

Lise Deharme, Cahier de curieuse personne


12.1.12

Byron Coley et la traversée de l'Atlantique







C'est la guerre est étrangement classé dans la section « Compositeurs »
à la librairie du Centre George Pompidou de Paris
(photo par Thurston Moore)


Nous avons sorti C'est la guerre : early writings 1978-1983 de Byron Coley en version bilingue en mai dernier au Québec et aux États-Unis mais ce n'est que tout récemment, en novembre, que le livre a fait la grande traversée. Le voilà donc disponible en France. Nous sommes à l'écoute des lointains échos. On en parle sur le blog musique de Joseph Goshn et dans le journal culturel gratuit de Paris Balise. On retrouve même une petite note dans le numéro du Matricule des Anges qui vient de paraître. Tout cela est bien positif. En Angleterre, les journaux Wire et Mojo avaient déjà dit plein de bonnes choses sur le livre de notre critique fou préféré. Modestement, ça fait plaisir.


Modeste sous les applaudissements : Byron Coley
(photo par Benoît Chaput)

21.12.11

21 décembre 2011



Le temps et sa géographie

Temps et géographie au plus resserrés, temps qui passe, temps bon à se tenir au chaud. Le jour le plus court de l'année, à la maison. On a fait mijoter des bouillons de réconfort, on a compté les alcools et écrit des lettres à la main. Hier soir, il faut le croire, un sapin fut même décoré à la maison avec l'aide et le regard de Rio qui, de la sagesse de ses dix ans, sait que l'odeur et la silhouette de l'arbre aident beaucoup la traversée de ces jours. Paradoxalement, ça permet de se tenir éloigné du Noël sordide qui emplit nos rues de gens absents qui courent et courent. Ce soir, la pluie verglaçante n'a pas empêché d'aller lentement écouter les amis Glenn Jones et Cian Nugent à la Casa del popolo. On se réchauffe comme on peut, sur des cordes de guitares bien sèches et douces, ou en écoutant oncle Glenn raconter les aventures de John Fahey comme lui seul sait le faire. Hostie de comique.


En tête

En tête, pas grand-chose, ou trop de choses. C'est ça, hiberner son jour le plus court. Mais tout de même, encore un poème trouvé qui semble coller juste — à ce jour de peu de lumière, oui, mais surtout à cette musique. En tout cas, j'ai lu par hasard ce court texte (qui est de George Oppen) en écoutant ce Canto do amanhecer.

LE POÈME

Poésie du sens des mots
Nouée à l'univers

Je crois qu'il n'y a pas de lumière en ce monde
sinon ce monde

Et je crois que la lumière est







À venir

En février qui vient, L'Oie de Cravan aura 20 ans. Voilà qui est à peine croyable. Et pour l'instant, on va rester incrédule. Que faire de cette information, sinon rêver aux livres qui viennent, aux livres ralentisseurs de l'année à venir ? Rêvons à tout hasard de textes de Joël Gayraud, Laurent Albarracin, Shawn Cotton, Bérengère Cournut, Thierry Horguelin et Katerina Iliopoulou ; de livres d'images de Simon Bossé et Michel Hellman ; et d' une traduction de Edgar Allan Poe par Alice Becker-Ho. Tout cela, ce serait déjà célébrer. On trouvera bien, en plus, le moyen de lever notre verre à la santé des ans !



8.12.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Toutes mes bêtes sont endormies
Je suis trop loin
La vie est plus belle qu'on ne le dit
Plus longue que je ne croyais

J'entends crier dans mon sommeil


Jehan Mayoux, Au crible de la nuit

7.12.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Je ne sais pas mais je SAIS
Voilà ma saison qui anticipe sur l'automne dans les pays
où il ne fait jamais nuit
Où les jours ne diminuent pas de la respiration d'un
oiseau qui vole
S'il vole c'est que je SAIS
L'hirondelle a la forme de mes mains
C'est pourquoi elle rase le sol quand il va pleuvoir
Mais il fait beau si beau que ce n'est plus ici ni ailleurs
C'est plus tard dans une clairière
Dans une clairière tout au fond d'une mine
Où plonge un ascenseur empli de pierres
Qui sait
Chute du ballon
Savoir est très court et ceci de par tous les alphabets
du monde
On dit savoir comme on dit Je t'aime
Mais les lèvres n'ont pas toujours pour elles le rayon de
soleil qui fait que dans certains pays il ne fait
jamais nuit
Les lèvres ne sont pas toujours ces échelles de soie
Les lèvres ne s'entrouvrent pas toujours sur ce
qu'on SAIT
Quand on croit à la divination à son long
cortège d'astres et de corolles
Corolles ai-je prononcé le mot Corolles
Corolles je SAIS Dans cette corolle il y a
un haut-le-corps.

André Breton

16.11.11

Les nouveaux visages


La réédition de Nombreux seront nos ennemis.
Premier titre de notre collection de poche
petites pattes à ponts
dont la devise est
« Les petits pas font les grands ponts ».
En librairie.



Le nouveau Michel Garneau. Une petite merveille.
En librairie à la fin du mois.


30.9.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Ni l'espérance ni la fortune
Mais la petite fleur desséchée dans un livre
Dont il reste seulement la cendre d'amour

— Comment mourir
Quand on peut encore rêver

Georges Schehadé, Le nageur d'un seul amour




21.9.11

AUBERT & DESBIENS, gentlemen poètes



ENTRE LA VILLE ET LE BOIS
ROBIN AUBERT ET PATRICE DESBIENS
FONT LA FÊTE AVEC L'OIE!




Voici que s'approche le morceau de bravoure de l'automne. Une célébration hors de l'ordinaire pour deux poètes hors normes qui ont pas mal de choses en commun. L'un est un vieux routier du poème, plein de jeunesse; l'autre est un jeune poète qui est déjà un vétéran du cinéma. Venez découvrir

POUR DE VRAI de Patrice Desbiens

&

ENTRE LA VILLE ET L'ÉCORCE de Robin Aubert


JEUDI 29 SEPTEMBRE 2011
à l'interlope mais inamovible librairie Le port de tête
262 rue Mont-Royal Est, à Montréal
à partir de 18 heures et jusqu'à plus soif (ou fermeture)

Alcool, femmes et hommes ne manqueront pas ! Barbecue dans la cour cuisiné par un chef libraire-corsaire comme on n'en fait plus ! Robin Aubert et Patrice Desbiens, n'écoutant que leur courage, vous feront lecture d'extraits affriolants de leurs ouvrages. Beau monde et gueules patibulaires se mélangeront lors de cette soirée éclectique. Venez nombreux ! Avec vos sous ! Il est permis d'apporter son boire et sa bonne humeur !




19.9.11

GLENN GOLUSKA (1947-2011)



C'est hier seulement, me préparant au lancement du Bathyscaphe, que je suis tombé par hasard dans Le Devoir sur cette triste nouvelle : Glenn Goluska est mort le 13 août dernier à 64 ans.
Un typographe exceptionnel, un des derniers avec un atelier d'imprimerie au plomb et une linotype à Montréal, il nous avait donné plusieurs polices pour aider à faire le Bathyscaphe. Il animait L'Imprimerie Dromadaire à Toronto dans les années 80, une maison d'édition qui ne produisait que de petits chefs-d'œuvre typographiques, puis il est devenu le graphiste attitré du Centre Canadien d'Architecture. Son travail était impeccable, d'un goût parfait. Il était surtout très gentil, attentif. Un regard, une présence, uniques.

Liebhaber's wood type par Robert Kroetsch
(Imprimerie Dromadaire, 1987)

17.9.11

UN BEAU DIMANCHE :
TYPOGRAPHIE, BATHYSCAPHE & JULIE



La science l'a prouvé
Nous allons le prouver également:
certains dimanches d'automne sont magiques

DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011
Librairie Le Port de tête
262 rue Mont-Royal est
à Montréal
à partir de 17 heures

il y aura une fête épatante
pour trois publications des plus inhabituelles

D'abord L'Oie de Cravan vous présente
TYPOGRAPHIE INUSUELLE de Marc Pantanella
Jamais vous n'auriez cru que la typographie puisse vous faire sourire de cette façon.
Regardez un peu ici: il faut le voir pour le croire!


Il y aura aussi
JULIE DOUCET
et sa revue underground
DER STEIN #8
en allemand!
tirage limité!


et puis
la fameuse revue
underwater
LE BATHYSCAPHE #7
en anglais & français!
tirage un peu moins limité!



Qui sont le mystérieux Docteur Tran et le joueur de tuba des rails du Mile-End ?
Que sont les jardins anarchiques de Bruno Montpied ?
Que se passe-t-il à Albuquerque (par-delà le bien et le mal) et à la Jack Kerouak School of Disembodied Poetics (Naropa) ?
Que chantent Captain Beefheart, les Throwing Muses, Michael Hurley, Jacques Higelin et Éric Lapointe (oui, même lui) ?
Comment promener son ennui à bicyclette au Lac Saint-Jean?
Quid du train fou de Cascadia et de la course aux écoles publiques?
Que disait Jean Benoît ?
Qu’a peuvent les cartes divinatoires d'Odilon-Jean Périer ?
Que lisait Pierre Peuchmaurd ?
Quels sont les secrets de l’Autre Monde ?
Comment filme-t-on Montréal ?
Et le cybersexe dans tout ça ?

Anne-Marie Beeckman, Jean-Yves Bériou, Daniel Canty, Maïcke Castegnier, Geneviève Castrée, Maxime Catellier, Benoît Chaput, Byron Coley, Bérengère Cournut, Patrice Desbiens, Julie Doucet, Hélène Frédérick, Joël Gayraud, Sarah Gilbert, Dan Hillier, A.J. Kinik, Gabriel Landry, Gabriel Levine, Setrak Manoukian, Thurston Moore, Antoine Peuchmaurd, Barthélémy Schwartz et Valérie Webber font toute la lumière sur ces épineuses questions.
Sans oublier la typographie inusuelle de Marc Pantanella et le jeu impossible de Thierry Horguelin qui vous apprendra comment aller de Jules Verne à Jules Verne.

LE BATHYSCAPHE EST UN ESQUIF SANS PUBLICITÉ NI SUBVENTION !
C’EST VOUS QUI FAITES TOURNER L’HÉLICE !
CULTURE INACTUELLE
- PLAISANTERIES DOUTEUSES -
ÉQUIPE INTERNATIONALE

Il a y aura boissons et joie pour tous les âges! Un joueur de Tuba viendra appeler les dauphins! Ils ne viendront pas! Le personnel sera charmant! Les croustilles seront fraîches! Vous y rencontrerez peut-être une des personnes nommées plus haut! Elle sera peut-être gentille! Ah, les dimanches! Ah, la vie!



Le prochain lancement de L'Oie aura lieu au même endroit le 29 septembre : PATRICE DESBIENS ET ROBIN AUBERT AU MÊME PROGRAMME. Plus de renseignements très bientôt ici même.