23.2.12

On ouvre un livre au hasard et on lit



LA GRANDE NÉBULEUSE ANDROMÈDE

Nous atteignons le camp le soir
Venu, sur une haute crête à découvert
Dominant deux mille
Mètres de montagnes et une immensité
De vallées et de mer.
Dans la nuit chargée d’étoiles nous cuisons
Des macaronis et dînons
À la lueur d’une lanterne. Des étoiles se massent
Autour de la table comme des lucioles.
Après le repas nous allons droit
Nous coucher. La nuit est balayée de vent
Et pure. Dans trois jours, ce sera
La pleine lune. Allongés sur le lit
Nous observons les étoiles et la lune
Qui tourne dans notre petit télescope.
Tard dans la nuit les chevaux qui bronchent
Autour du camp me réveillent.
Accoudé je regarde
Ton beau visage endormi
Joyau sous la clarté lunaire.
Si la chance te sourit et que les
Nations te le permettent, tu vivras
Loin dans le XXIe
Siècle. Je prends la lunette
Pour regarder la grande nébuleuse
D’Andromède nager comme
Une amibe phosphorescente
Autour du Pôle. Là-bas
Dans des villes reculées
Des hommes au coeur gras se préparent
À t’assassiner pendant que tu dors.

Kenneth Rexroth (traduction de Joël Cornuault)

19.2.12

Le vrac

Il est long le février des bissextiles.





* On connaît Le Bathyscaphe, journal d'inactualité culturelle de fiers marins auquel L'Oie de Cravan a le bonheur d'être associé. Il faut maintenant compter avec la Bathysphère qui en est issue. Il s'agit d'un appareil d'exploration léger, offert gratuitement et photocopié, qui va permettre à l'équipe du Bathyscaphe de bouger parfois avec un peu plus de rapidité. Le premier numéro est sorti : il est consacré au mouvement d'occupation qui a essaimé au cours de 2011. On peut se le procurer en version papier auprès de l'équipe du Bathyscaphe ou le consulter en pdf en cliquant juste ici. On s'occupe comme on peut.
On peut également lire en ligne la version complète de l'entretien réalisé par Hermine Ortega avec Mark Read, un participant de Occupy Wall Street.

* Dominic Tardif a réalisé une courte entrevue avec Michel Garneau au sujet de son merveilleux livre Le Sacrilège : ici.

* Kiva Stimac a réalisé une courte entrevue avec L'Oie de Cravan au sujet de L'Oie de Cravan. C'est en anglais, ce qui n'explique rien mais excuse tout : ici.

* L'Oie de Cravan voyage : curieusement nous serons au Salon du livre de Paris, du 16 au 19 mars, stand U51, avec un respectable échantillon de nos publications. Venez.
Encore plus curieusement, nous serons également présents à Shelf life 2 : A big day for Small Press à Los Angeles le 24 mars. Mais venez donc !
Il faut noter que c'est l'excellente Isabelle Mandalian qui nous représentera à Paris tandis que Benoît Chaput se chargera de la cité des anges perdus.

* L'Oie de Cravan coédite. C'est vrai ! Après la belle expérience de Typographie Inusuelle avec Finitude l'année dernière, voilà que nous préparons un Schasslamitt, recueil de contes épatants de Bérengère Cournut, avec les amis des éditions Attila. C'est à suivre.

* L'Oie de Cravan codiffuse. C'est vrai ! Nous sommes, fort heureusement, toujours distribués et diffusés par Dimedia au Canada (et les Belles Lettres en France), mais nous nous sommes associés à quelques vaillants amis pour donner un coup de pouce à la diffusion en usant d'une propagande active et sans vergogne. Cette association de malfaiteurs a pris le nom de « Dynamomachines », ceci afin de donner le change, et on peut visiter le site de la bande ici.

Voilà qui termine ce long bulletin d'un février des bissextiles.


23.1.12

On ouvre un livre au hasard et on lit



Écris tout ce qui te passe par la fenêtre



La cage vide

J'ai raté
le livre de ma vie
une nuit
qu'on avait oublié
de mettre un crayon taillé
à côté de mon lit

Lise Deharme, Cahier de curieuse personne


12.1.12

Byron Coley et la traversée de l'Atlantique







C'est la guerre est étrangement classé dans la section « Compositeurs »
à la librairie du Centre George Pompidou de Paris
(photo par Thurston Moore)


Nous avons sorti C'est la guerre : early writings 1978-1983 de Byron Coley en version bilingue en mai dernier au Québec et aux États-Unis mais ce n'est que tout récemment, en novembre, que le livre a fait la grande traversée. Le voilà donc disponible en France. Nous sommes à l'écoute des lointains échos. On en parle sur le blog musique de Joseph Goshn et dans le journal culturel gratuit de Paris Balise. On retrouve même une petite note dans le numéro du Matricule des Anges qui vient de paraître. Tout cela est bien positif. En Angleterre, les journaux Wire et Mojo avaient déjà dit plein de bonnes choses sur le livre de notre critique fou préféré. Modestement, ça fait plaisir.


Modeste sous les applaudissements : Byron Coley
(photo par Benoît Chaput)

21.12.11

21 décembre 2011



Le temps et sa géographie

Temps et géographie au plus resserrés, temps qui passe, temps bon à se tenir au chaud. Le jour le plus court de l'année, à la maison. On a fait mijoter des bouillons de réconfort, on a compté les alcools et écrit des lettres à la main. Hier soir, il faut le croire, un sapin fut même décoré à la maison avec l'aide et le regard de Rio qui, de la sagesse de ses dix ans, sait que l'odeur et la silhouette de l'arbre aident beaucoup la traversée de ces jours. Paradoxalement, ça permet de se tenir éloigné du Noël sordide qui emplit nos rues de gens absents qui courent et courent. Ce soir, la pluie verglaçante n'a pas empêché d'aller lentement écouter les amis Glenn Jones et Cian Nugent à la Casa del popolo. On se réchauffe comme on peut, sur des cordes de guitares bien sèches et douces, ou en écoutant oncle Glenn raconter les aventures de John Fahey comme lui seul sait le faire. Hostie de comique.


En tête

En tête, pas grand-chose, ou trop de choses. C'est ça, hiberner son jour le plus court. Mais tout de même, encore un poème trouvé qui semble coller juste — à ce jour de peu de lumière, oui, mais surtout à cette musique. En tout cas, j'ai lu par hasard ce court texte (qui est de George Oppen) en écoutant ce Canto do amanhecer.

LE POÈME

Poésie du sens des mots
Nouée à l'univers

Je crois qu'il n'y a pas de lumière en ce monde
sinon ce monde

Et je crois que la lumière est







À venir

En février qui vient, L'Oie de Cravan aura 20 ans. Voilà qui est à peine croyable. Et pour l'instant, on va rester incrédule. Que faire de cette information, sinon rêver aux livres qui viennent, aux livres ralentisseurs de l'année à venir ? Rêvons à tout hasard de textes de Joël Gayraud, Laurent Albarracin, Shawn Cotton, Bérengère Cournut, Thierry Horguelin et Katerina Iliopoulou ; de livres d'images de Simon Bossé et Michel Hellman ; et d' une traduction de Edgar Allan Poe par Alice Becker-Ho. Tout cela, ce serait déjà célébrer. On trouvera bien, en plus, le moyen de lever notre verre à la santé des ans !



8.12.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Toutes mes bêtes sont endormies
Je suis trop loin
La vie est plus belle qu'on ne le dit
Plus longue que je ne croyais

J'entends crier dans mon sommeil


Jehan Mayoux, Au crible de la nuit

7.12.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Je ne sais pas mais je SAIS
Voilà ma saison qui anticipe sur l'automne dans les pays
où il ne fait jamais nuit
Où les jours ne diminuent pas de la respiration d'un
oiseau qui vole
S'il vole c'est que je SAIS
L'hirondelle a la forme de mes mains
C'est pourquoi elle rase le sol quand il va pleuvoir
Mais il fait beau si beau que ce n'est plus ici ni ailleurs
C'est plus tard dans une clairière
Dans une clairière tout au fond d'une mine
Où plonge un ascenseur empli de pierres
Qui sait
Chute du ballon
Savoir est très court et ceci de par tous les alphabets
du monde
On dit savoir comme on dit Je t'aime
Mais les lèvres n'ont pas toujours pour elles le rayon de
soleil qui fait que dans certains pays il ne fait
jamais nuit
Les lèvres ne sont pas toujours ces échelles de soie
Les lèvres ne s'entrouvrent pas toujours sur ce
qu'on SAIT
Quand on croit à la divination à son long
cortège d'astres et de corolles
Corolles ai-je prononcé le mot Corolles
Corolles je SAIS Dans cette corolle il y a
un haut-le-corps.

André Breton

16.11.11

Les nouveaux visages


La réédition de Nombreux seront nos ennemis.
Premier titre de notre collection de poche
petites pattes à ponts
dont la devise est
« Les petits pas font les grands ponts ».
En librairie.



Le nouveau Michel Garneau. Une petite merveille.
En librairie à la fin du mois.


30.9.11

On ouvre un livre au hasard et on lit



Ni l'espérance ni la fortune
Mais la petite fleur desséchée dans un livre
Dont il reste seulement la cendre d'amour

— Comment mourir
Quand on peut encore rêver

Georges Schehadé, Le nageur d'un seul amour




21.9.11

AUBERT & DESBIENS, gentlemen poètes



ENTRE LA VILLE ET LE BOIS
ROBIN AUBERT ET PATRICE DESBIENS
FONT LA FÊTE AVEC L'OIE!




Voici que s'approche le morceau de bravoure de l'automne. Une célébration hors de l'ordinaire pour deux poètes hors normes qui ont pas mal de choses en commun. L'un est un vieux routier du poème, plein de jeunesse; l'autre est un jeune poète qui est déjà un vétéran du cinéma. Venez découvrir

POUR DE VRAI de Patrice Desbiens

&

ENTRE LA VILLE ET L'ÉCORCE de Robin Aubert


JEUDI 29 SEPTEMBRE 2011
à l'interlope mais inamovible librairie Le port de tête
262 rue Mont-Royal Est, à Montréal
à partir de 18 heures et jusqu'à plus soif (ou fermeture)

Alcool, femmes et hommes ne manqueront pas ! Barbecue dans la cour cuisiné par un chef libraire-corsaire comme on n'en fait plus ! Robin Aubert et Patrice Desbiens, n'écoutant que leur courage, vous feront lecture d'extraits affriolants de leurs ouvrages. Beau monde et gueules patibulaires se mélangeront lors de cette soirée éclectique. Venez nombreux ! Avec vos sous ! Il est permis d'apporter son boire et sa bonne humeur !